Mots et Merveilles

Pour Gaël

  Telle un spectre au milieu des bois, se dresse une grande maison. Les rayons du Soleil passent les nuages et se tendent vers elle comme pour la bénir des Dieux. Le Soleil tiédit la florissante végétation, trempée par la rosée de l'aube fraîche, qui s'étend tout autour d'elle.
  Cette maison est celle que j'ai choisie. J'aime y aller, la retrouver comme une amie longtemps perdue de vue. J'aime paresser au Soleil, étendue sur l'herbe, ne demandant, ni n'attendant rien. Mon refuge préféré est le grand Lichen Barr, aux feuilles sanglantes à l'arrivée de l'automne. J'aime redécouvrir chaque recoin un instant oublié.
  J'aime me tourner vers le ciel comme pour lui demander ses faveurs. Prier le plus éclatant des astres de briller à nouveau le lendemain.
  J'aime le temps qui passe. On ne peut l'arrêter, et pourtant, ici, on croirait qu'il l'est. Seuls la nuit qui tombe ou le soleil qui se lève le rappellent.
 
  Ma rencontre avec ma meilleure amie : elle m'a apprit beaucoup de choses, m'a enseigné la tolérance, fait découvrir d'innombrables trésors du coeur, enfouis tout au fond de moi. Je m'entends bien avec elle. On peut parler des heures pour, en fait, ne rien dire. On peut plaisanter, rêver et surtout on est toujours d'accord. Avec elle le temps passe trop vite. A peine le temps de se retrouver et on doit déjà se quitter.
 
Mon amour pour un garçon aux cheveux longs : nous avons des points communs : les cheveux longs, un peu le même esprit et le jonglage. J'ai besoin de le voir, et comme s'il devinait mon attente, à ce moment là, comme pour me rassurer, il n'est pas très loin de moi.
 
Mon troisième bonheur, je ne sais quand il viendra, mais je l'attends avec impatience.

  J'aime le Soleil, le ciel. Si loin et si lumineux. J'aime voir les nuages passer de leur vol calme, lent et silencieux.
  J'aime observer l'Homme. Voir comment il vit. Imaginer ce qu'il fait. C'est pour cela que j'aime voyager. Voyager loin, très loin, au bout du monde, et comme la Terre est ronde, errer indéfiniment.
  J'aime ne rien faire. J'aime profiter de la vie et de toutes le bonnes choses qui m'arrivent. J'aime me souvenir des souvenirs. Me laisser entraïner par leur force dans l'Histoire. Laisser la réminescence m'envahir au plus profond de mon être.

  J'aime la vie. J'appréhende chaque jour mon dernier moment, guettant tous les dangers pouvant me priver de cette chose éphémère que j'apprécie. J'aime mettre en éveil tous mes sens: sentir, voir, goûter, entendre et toucher, tout ce que je peux. La vie est trop courte ; autant en profiter. J'aime ma façon de penser, d'agir, d'être pour les autres.

  Le garçon aux cheveux longs brûle mon coeur. Pourquoi et comment le fait-il ? Quel est son secret ?
  J'aime sa désinvolture, sa façon de marcher, de parler, de regarder. J'aime la manière avec laquelle il pense. Ses deux billes sombres fixent d'un regard orageux celui qui n'a pas su se mettre à l'abri de sa foudre. Mais quand il sourit, le Soleil brille comme il n'a jamais brillé. Quand il sourit, la Terre se doit d'arrêter de tourner. Quand il sourit, le Chaos pourrait se passer sans que personne ne le remarque. Quand il sourit...

  J'aime quand il marche, se balançant légèrement, ses cheveux suivant sa marche lente. Chaque jour, j'espère qu'il oriente ses pas vers moi, qu'il ne connaît peut-être même pas.

  Les arbres en fleur rappellent le printemps. Ensuite viendra le doux été. Les oiseaux sont revenus de leur longue escapade au sud du monde. Ils ramènent le Soleil en le poussant de leurs ailes.
  Le vert de la Nature se détache du bleu du ciel pur. La douce chaleur printanière remplit les coeurs, et en particulier le mien. Seuls les coeurs des plus durs peuvent ne pas s'ouvrir à cet appel. La vie reprend au bout des branches des arbres, au bout des cheveux longs de ce garçon que j'aime, au bout de ses doigts agiles, dans son sourire...

  Son nom se compose de deux syllabes. Deux syllabes que j'aime à prononcer. Deux syllabes qui signifient ce qu'il est : son nom est Gaël.

  Gaël. L'amour est quelque chose que l'on ne peut contrôler. Je crois que je l'aime, et ce sera comme ça. Si Cupidon tirait deux flèches au lieu d'une seule. Si l'Orage faisait tomber deux foudres. Tout serait plus facile. La vie est mal faite tout de même.

  On passe notre vie à attendre. A attendre l'explication de la vie. Et quand on l'a, on meurt.
  Quand on est dans le ventre de notre mère, on attend d'en sortir. Quand on est sorti, on attend de grandir. Quand on a grandi, on attend l'amour. Quand on aime, on attend l'indépendance. Quand on est indépendant, on attend la vieillesse, pris dans le tourbillon de la vie. Quand on est vieux, on attend la mort.
 
La vie n'est qu'un rêve. Quand on se réveille, il est trop tard, on est mort.
  La vie n'est qu'une interminable attente de la délivrance. Là, j'attend l'amour, en espérant qu'il vienne bientôt.


                                                                                           De moi
 


Article ajouté le 2007-06-19 , consulté 185 fois

Commentaires


Jaro Keller le 03/07/2007 à 18:40:54
C'est toi, en lisant ce poème j'ai l'impression que tu es là en face de moi et que tu me racontes ton histoire.

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