Mots et Merveilles

La fin

 
  Aujourd'hui, je suis sur un chemin champêtre, je me promène tranquillement, je ne suis pas pressée, rien ne m'attend et je n'attends rien.
  Je sens une pression sur ma main : c'est la sienne, celle du garçon aux cheveux longs.
  L'herbe est très verte, le ciel bleu, tous les arbres sont en fleurs et l'herbe en est recouverte.
  Le parfum printanier nous transporte doucement. Nous nous retrouvons loin, au bout du monde, sur une terre inconnue. Elle est belle : que de la verdure, le Ciel à perte de vue, la mer, et une petite ville.
  Il n'y a pas de pollution, de propriété, d'argent et tout ce qui est néfaste n'existe pas ici. L'endroit s'appelle Nobody. Il n'y a qu'une ville pour éviter les rivalités qui pourraient naître entre plusieurs.
  La vie est égale, les gens aiment travailler pour les autres, il n'y a que des bonnes choses, sucrées et douces.
  Les gens aiment autant l'été que l'hiver et autant leurs parents que leurs voisins.
  En fait le monde a été détruit par la bêtise de l'Homme. Seuls les cœurs de gens les plus purs viennent jusqu'ici pour vivre dans la paix, l'amitié, l'amour et tout le reste.
  Les maisons sont très simples : juste des chambres. On prend les repas en commun dans une chambre gigantesque. D'ailleurs, l'heure du déjeuner sonne, mais les gens s'y rendent lentement : ils sont sûrs d'y trouver de la nourriture même s'ils arrivent les derniers.
  Après nous allons travailler. Personne n'est pressé. Ici pas de montre. Pas de temps.
  La vie est simple, si simple même. Peut-être même un peu trop.
  Mon travail consiste à peindre les bâtiments de couleurs, celles que je veux, cela convient à tout le monde. Celui du garçon aux cheveux longs, aller ramasser à manger dans les champs. On peut arrêter dès qu'on le souhaite et reprendre quand on veut.
  On va dormir après un très court repas. Notre maison est bariolée de noir, de vert, de bleu, de rouge orangée. Ces couleurs s'étirent, forment des formes bizarres, des dessins étranges, des signes mystérieux.
  Il fait très chaud, je me découvre. Je sens son corps auprès de moi, il me rafraîchit. Je me sens bien je me sens vivre.
  Je sens quelque chose sur ma peau. Un rayon de Soleil s'est attardé et s'est perdu dans les recoins de mon âme. Je lui fais éclairer le visage du garçon aux cheveux longs avant qu'il ne se sauve dans la nuit.
  Maintenant je me sens fatigué. Je ferme lentement les yeux en pensant à tout ce que j'ai fait aujourd'hui.
  Je m'endors. Bercée par le doux clapotis des vagues venant s'écraser contre la côte, je sombre dans un sommeil on ne peut plus profond. Je me sens flotter, transporter.
  Nobody est parfait.
 
  Bip ! Une alarme, il n'y a pas d'alarme à Nobody ! Cela n'existe pas ! Si, pourtant, il y a quelque chose qui sonne. J'ouvre les yeux. Mon radio-réveil marque six heures, l'heure de se lever. Le Soleil se réveille juste. J'émerge. Il faut que je me prépare pour aller au lycée. Je vais espérer toute la journée, comme d'habitude. Hum, je vais voir le garçon aux cheveux longs et son sourire. Peut-être aujourd'hui, peut-être demain, nous construirons ensemble Nobody.

 

                             Voici la fin. Il faut que vous me laissiez espérer !




Article ajouté le 2007-06-20 , consulté 94 fois

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