Mots et Merveilles

LIBERTE


  Je ne suis plus libre depuis que tes yeux gardent mon cœur, mon âme, ma vie, prisonniers.
  Comment ne plus penser à ta voix grave et douce, à ton prénom de sucre ?
  Comment me débarrasser de l'image de ton sourire qui sommeille dans le plus profond de mon cœur, ancrée à son fond, refusant de lâcher prise ?
  Comment oublier les moments que j'ai volés à ton intimité, que tu m'as accordés, que tu m'as offerts, sans même le savoir ?
  Depuis que je t'ai quitté, l'envie de te revoir ne m'a plus quitté.
  Moi qui ne sais définir l'amour avec des mots, t'ai aimé une année. Je t'ai accordé, je t'ai offert, sans le savoir, ma liberté. Pourquoi à toi plutôt qu'à un autre ? Moi même, je ne le sais pas. Mais je sais que tu as quelque chose à moi, même si tu ne le sais pas, même si tu ne me connais pas : ma liberté.





  Ma liberté est de ne rien faire quand je le veux. Laisser mon esprit vagabonder sans vouloir avoir la force de le retenir. Le laisser s'échapper par une fenêtre ouverte où les senteurs fraîches du dehors l'emportent dans de lointains souvenirs ou de proches projets d'avenir. Pour cela, il me faut juste un paysage qui ait la force et la puissance de retenir mon regard. Un étang de brume un matin de rentrée, un fleuve qui passe dans son cours sous le Soleil couchant, un arbre vert dans un parc, un sourire un matin d'été…



   Qui n'a jamais rêvé d'exotisme lorsqu'il a entendu prononcer des mots étrangers, synonymes de Soleil, d'îles perdues au milieu de l'océan, ou de jolies filles dénudées. Voyager à l'étranger, loin, voir d'autres cultures, d'autres langues, d'autres manières de vivre. Mais tous les jours, je vois des personnes différentes, des choses que je n'avais pas remarquées auparavant. Et je préfère cela à tous les pays étrangers du monde. La France est belle et je l'aime.




   C'était par une journée d'hiver. Mon âme engourdie a trouvé la force et le moyen de vagabonder, et alors un monde s'est offert à moi. Il était constitué de souvenir que je croyais disparus dans le gouffre de ma mémoire. Des souvenirs qui font plaisir, qui nous font esquisser un sourire et des hochements de tête ; parfois on se demande si on n'a pas rêvé. Mais en ressortant de ce monde, j'ai perdu la clé de Soleil au fond de mon cœur, et ma pensée endormie refuse à présent de rouvrir ces portes de rêves, légères et douces comme des nuages. Je ne peux retourner dans ce monde exquis, et depuis mon âme s'est encerclée de mélancolie.





   Aujourd'hui, le Soleil a réapparu, réchauffant mon corps, mon âme et mes sentiments pour un roi que je ne connais pas, que je ne reconnais plus. Mais il a bien fallu que je me fasse une raison. L'amour n'est pas éternel. Mais le printemps et l'été consoleront mon cœur et le réchaufferont par la douceur et le sucre. Sucre comme le prénom de celui que je dois oublier. Si je devais revenir en arrière, je m'efforcerais de ne plus penser à ses cheveux longs tombant le long de ses joues, à ses mains renvoyant lentement les balles de jonglage dans un mouvement uniforme, à son sourire ravageant mon cœur comme une nuée de sauterelles, un champ. Mon destin était de rencontrer ce garçon pour l'aimer, pour écrire et pour vivre. Vivre dans le souvenir de l'amour en relisant mes histoires sorties tout droit de la mélancolie.








Article ajouté le 2007-06-20 , consulté 87 fois

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