L'écrivain
Le Ciel est un tapis cotonneux, doux au toucher faisant rêver les rêveuses comme moi. Je préfère avoir une fenêtre plutôt qu'un tableau chez moi. Une fenêtre ouverte sur le Ciel. Parce que tous les jours mon tableau, mon Ciel, change, vit en fait, et je trouve cela plus beau que tous les tableaux que l'on ne m'offrira jamais. Un beau ciel bleu, un matin d'été, vaut toutes les « Impressions au Soleil Levant » de Manet. Et un Soleil couchant vaut bien tous les Picasso, Modigliani, et ce qui s'ensuit. Mais c'est comme un livre un tableau. Pourquoi est-ce que j'écris. Un livre, c'est la vie en fait. Cela ne sert peut-être à rien, mais cela fait quand même avancer le monde, même s'il tourne tout seul. C'est vrai, n'empêche. Mon ciel est devenu bleu, le tapis volant est parti pour d'autres horizons. Dans la peinture et la littérature, ce qui compte, c'est comment l'auteur fait vivre son œuvre, et peut-être aussi comment il la vit.
J'aime regarder par ces fenêtres où les rêves viennent me prendre par la main et m'emmènent dans un monde sucré, léger, où il n'y a qu'amour, amitié et gentillesse. Bref, un monde différent de celui dans lequel je vis. Et là sur un tapis de Soleil et d'herbe fraîche, je danse la danse de la vie où il n'y a que joie et bonheur.
Et mon regard se retourne vers la salle de classe : c'est la fin de mon rêve, et la suite du cours d'Histoire. Chut ! Ne dites rien au prof….
J'imagine la mort comme un grand jardin où la vie n'est qu'un éternel flottement. La douce chaleur s'étend sur mes bras endormis. Le vent léger réveille par son évidence mon esprit. Là est la vie. La vie après la mort. Dans un grand jardin coloré de toutes les plus belles couleurs du monde ; ces couleurs ne sont pas agressives, elles sont pastels. Tout ne vit que par leur force. Par moment, un bout de terre nuageux se détache vers le milieu, et on peut alors jeter un coup d'œil discret vers les profondeurs de la Terre et voir la vie de ceux qui ne savent pas encore…

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