De moi
Tu sais que je n'ai pas réellement le temps de t'écrire. Pendant le cours de philosophie, je sens parfois monter l'inspiration. Seulement, ce n'est pas toujours pour toi, mais pour l'une de ces histoires qui me trottent dans la tête. Il va falloir que tu te fasses une raison, et que tu acceptes de me partager avec l'écriture. Je sais que tu n'as pas fait le choix le plus facile. Tu m'as aimé par l'écriture, et c'est par elle que tu vas me détester.
Personne n'a jamais dit que l'amour serait facile. Mais je suis heureuse de m'être engagée dans cette voie avec toi. J'ai suivi le long cours de ton fleuve, et je crois que j'ai envie de rester dans ton lit. J'ai envie d'arriver à la mer et de découvrir ce que je n'ai encore jamais ressenti : une profondeur des sentiments et la certitude que demain je me réveillerai à tes côtés et cela pour toujours.
Je sais que parfois je ne me comporte pas comme tu l'aurais voulu dans les plus beaux de tes rêves. Mais moi qui ai tant aimé, n'ai jamais réellement aimé. Tu es le premier, laisse-moi le temps de trouver mes marques. Même si on commence notre dixième mois.
Ce que j'aime le plus chez toi, c'est toi. J'aime sentir ton odeur, voir ton corps, goûter ta bouche, toucher ton dos, entendre ta voix. Mon amour passe par mes sens. Je t'aime et j'aime te sentir. D'après la philosophie, - et cet idiot de Platon -, nos sens sont trompeurs, mais moi je trouve que c'est beau. On ne peut profiter de la vie que par nos sens. Pourquoi s'en priver ?
La vie est belle avec toi. J'ai de plus en plus de mal à la penser sans toi. Je ne sais si je pourrais survivre. Je ne sais pas pourquoi je t'aime. Je le sais, c'est tout ; et ça me suffit. Je ne sais si tu es le bon, mais pour l'instant, tu l'es. Passer ma vie à t'aimer est la plus belle et la plus merveilleuse des choses que je puisse faire. Tu restes sans arrêt présent à mon esprit, malgré la distance qui nous sépare. Je t'aime.
On ne sait de quoi est fait l'avenir. Le mien est fait de toi et de l'écriture. Je sais qu'il y a des choses que je dois changer, mais ce n'est pas aussi facile que tu le penses. J'ai un physique de 14 ans et une pensée de 60. J'ai l'impression que j'ai plus profité de ma vie que certains vieillards. Je ne crois d'ailleurs plus en grand chose, et je crois que tu es le dernier rempart avant que je ne laisse tomber l'humanité. Elle a besoin de moi pour changer, mais elle ne m'écoutera pas. Si tu m'abandonnes, je n'aurais plus rien sur cette Terre. D'où ton importance à mes yeux : tu es ma vie.
Parfois je pense à toi. Maintenant, lorsque mon esprit s'enfuit par l'une de ces fenêtres oubliées, il te rejoint. Il abandonne le monde idéal que j'essaie de créer dans l'écriture, pour ne s'attacher qu'à toi. Seulement, parfois la tentation est trop forte, et mon esprit ne sait pas encore bien se contrôler. Dans ce cas là il t'abandonne. L'amour ou l'écriture ? Le réel ou l'idéal ? Parfois, je ne sais lequel des deux choisir, quand je ne suis pas avec toi. Mon âme se déchire, je ne concilierai jamais les deux. « La vie est ainsi faite ». Pourtant je suis en train de réaliser les deux à travers cette réponse.
Tout te rappelle : des cheveux longs, une écharpe rouge, le 3 de chaque mois, le temps qui passe, mes bottes, un sourire, un couple qui s'embrasse, un chien, le restaurant scolaire, les salles de cours, mon critérium, l'approche des vacances, le ciel gris, le Soleil, le stade, la vie, la mort, la beauté, l'amour, un mot, une image, un livre. Même l'écriture qui te dispute ta place te rappelle à ma vie. Je t'aime par l'écriture et la littérature.
Ma destinée était de te rencontrer. Tu m'as aimé pour ce dossier ; donc tout ce que j'ai fait avant, même si c'était des erreurs, était essentiel. Je me dis que toute ma vie est importante puisque tu m'as aimé pour mon passé, et que tu continus dans le présent. J'espère que tu aimeras ce que l'avenir nous réserve.
J'ai mis du temps à t'écrire cette réponse, mais j'espère qu'elle sera à ta hauteur.
Parfois je ne dors pas et je pense à toi. J'aime penser à toi, cela me rapproche de ton être.
Ma vie appartient à l'Histoire et l'Histoire comprend ma vie. Je ne peux envisager de vivre sans elle puisqu'il n'y a pas moyen de les séparer. Elles sont complémentaires. Si je ne connais pas l'Histoire, je ne peux pas vivre, puisque les coutumes, les modes de vie, les mentalités et même la langue découlent de l'Histoire. Et l'Histoire sans ma vie pourrait peut-être sans sortir, mais il lui faut au moins une vie pour exister. L'Histoire, c'est la vie, deux concepts aussi abstraits et pourtant aussi proches.
Aujourd'hui tu fais partie de mon histoire et je fais irrémédiablement partie de la tienne. Tu me demandais ce qu'est l'amour, et bien c'est ça, faire partie de l'Histoire de l'autre et le vouloir du plus profond de son être. L'amour fait partie de la vie et de l'Histoire, au même titre que la Mort ou la Beauté.
J'aime me promener le long de ton corps, me perdre dans les plissements de ta peau. J'aime ton silence et le bruit de ton cœur. Ta respiration bat ma vie : des hauts et des bas au rythme de tes envies.
Lorsque je prends un crayon, ce n'est pas une torture. Je suis toujours aussi émerveillée au cours des années, et peut-être de plus en plus par ailleurs, par la magie de l'écriture. On pense une chose et le geste mécanique l'écrit aussitôt. Pour moi ce n'est plus de ma mécanique mais de l'instinct : cela tient à ma survie. J'aime tracer de belles lettres, former de beaux mots, relier de belles phrases et écrire un livre. La vie est tellement merveilleuse, pourquoi la gâcher ? Je pense que c'est plus un cadeau du Ciel : on a été choisi pour représenter la race humaine, n'est ce pas fantastique ? Et même si on ne voit pas le fond des choses, il faut se sentir heureux. Rien de ce que l'on fait ne peut nous être reproché sauf si l'on porte atteinte à la liberté de l'autre qui est plus importante que la nôtre. Il faut respecter les autres, autant que nous voudrions qu'ils nous respectent. La vie est si éphémère, pourquoi s'entre-tuer ?
Parfois je me sens fatiguée et j'ai envie de m'éteindre lentement. Le souffle puissant de l'écriture me réveille et m'inculque la mission que je dois réaliser : rendre les autres gens heureux. Un rien m'émerveille, un tout me subjugue. J'aime la vie et donc tout ce qui en découle. Si tout le monde faisait comme moi, il y aurait moins de guerres et de sang sur cette Terre déjà assez desséchée.
J'aime regarder les nuages, l'imagination débordante donne à cet amas cotonneux des formes familières.
J'aime l'encre, elle permet de m'amarrer à la feuille de papier si chère à mon cœur. Le crayon à papier est volatil, l'encre contient ce degré d'éternité qui rend l'auteur amoureux de son œuvre. La couleur de l'encre est si belle, juste un peu moins que tes yeux. La forme élancée de mon stylo plume ressemble à un oiseau qui parcourt des kilomètres à travers le blanc paysage des feuilles enneigées. Il migre progressivement vers le Sud de la feuille, lentement et sûrement, traçant chaque mot nécessaire, n'en oubliant aucun. Il capture entre les interlignes, des mots qui donnent tant d'idées. Seule l'écriture me donne un tel plaisir ; l'amour je ne le sais pas encore vraiment. L'écriture ne me trahira jamais sauf si je me trouve dans l'incapacité d'écrire.
Sache qu'aujourd'hui, c'est toi que j'aime et je veux finir ma vie et mon livre avec toi
Pour Alexandre G.

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