Mots et Merveilles

Epilogue

Il est maintenant temps de refermer cette parenthèse de ma vie, qui restera cependant gravée dans le plus profond de mon cœur. Ces années, je les ai vécues, j'ai chéri chacune de ces secondes, qui donnent à ma vie une dimension d'éternité. Ma vie ne se résume pourtant pas à cela ; mais beaucoup de mes comportements y sont reconnaissables et explicables.

J'ai aimé l'image narcissique de cette vie. Longtemps après j'ai cherché à y retourner, repensant à ces doux souvenirs sucrés, portés par un vent chaud. Cependant, j'ai peu à peu compris que même si je retrouvais ces merveilleux moments un jour dans mon histoire, ce ne serait jamais entièrement, ni dans les mêmes conditions. Je me suis fait une raison, à présent.

Il ne s'est jamais rien passé entre le garçon aux cheveux longs et moi. Je l'ai aimé, l'ai regardé, l'ai pensé pendant une année seulement. L'année suivante je suis partie loin de son regard vers les horizons lointains. Il a coupé ses cheveux et j'ai cessé de l'aimer. Je ne l'ai jamais plus revu. Je me suis consacrée ensuite à la poésie, jusqu'à ce que la mort mette un cadavre sur mon chemin, déjà assez poussiéreux. L'année de première a été morne, morose et triste. Loin de l'être aimé, plongée dans la solitude ni voulue ni rejetée, vivante parmi les morts, ignorée par mon environnement.

Ma vie a marqué comme une pause dans la profondeur des secondes. Elle flottait lentement, sans consistance, comme une âme dépourvue de corps. Elle ne ressentait plus rien. Plus aucun souffle sucré ne la parcourait et ne l'aidait à vivre. Elle était seule, désespérément seule, face à l'immensité de la vie.

Et l'année dernière, la délivrance. L'amour est venu frapper à ma porte de fer, endurcie par les années de solitude et de désespoir. J'ai retrouvé la passion de l'écriture et son souffle revigorant. Ma vie est redevenue blanche et vierge. Mon histoire est à nouveau aujourd'hui devant moi et non derrière. Elle est à construire, à édifier avec les matériaux de mon corps et de ton esprit. Car ma vie ne se bâtie plus aujourd'hui que par la force de ton être. Je construis mon devenir à partir de notre présent. Et pour rien au monde, je ne voudrais agir différemment. Aujourd'hui je n'ai plus besoin de me réfugier dans le monde des rêves : je t'ai pour survivre dans ce monde hostile. Ta présence m'apaise maintenant.

La vie est bizarre. Aujourd'hui je vis. Demain d'autres rencontres viendront alimenter ma vie et la transformeront sans que je le veuille et sans que je m'y oppose. Il suffit de se laisser bercer par son doux ronronnement, sa lente respiration,…

Voilà ce livre est terminé. Une nouvelle page se tourne. Un autre livre viendra si vous avez aimé celui-là. Je vous remercie de l'avoir lu du fond du cœur.

 

                                                        Charlie Reirart-Marlot

                

 




Article ajouté le 2007-06-20 , consulté 88 fois

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